« Red-Blue-White », Galerie France Fiction, Paris, 2005

Exposition personnelle « Red-Blue-White », 2005.

Galerie France Fiction, 6 rue du Forez, Paris.

Curator : Stéphane Argillet.

 

Oeuvres exposées : installation site-specific mettant en scène la série textile « Red-Bue-White ».

 

 

Communiqué de presse, par Sétphane Argillet :

 

RED-BLUE-WHITE (RBW), bleu-blanc-rouge, qui se présente comme une « création textile de la Raffinerie Poétique » , est une installation in-situ conçue spécialement par RBW (Raphaële Bidault-Waddington) pour l’espace de la galerie FRANCE FICTION. Il s’agit d’un environnement (murs habillés par des compositions de tissus) mêlé à un accrochage de tableaux textiles qui, tout en constituant les pièces d’une « sculpture environnementale » ont aussi le statut de pièces autonomes. Le thème de cette pièce est contenu à la fois dans le titre de l’exposition et dans le choix de la matière. Le tissu renvoie non seulement à l’objet drapeau, mais aussi, de manière fantasmatique et comme l’étymologie du mot drapeau l’indique, au « drap », c’est-à-dire au vêtement : celui dont se vêt symboliquement la République, la Nation mais aussi la Révolution. C’est dans le décryptage de ces différents niveaux de lecture que se dénouent les enjeux de cette proposition.

La surexploitation sociale, politique et symbolique de ces trois couleurs prouve à quel point la pensée politique a besoin de vecteurs plastiques pour imposer son langage et ordonner sa rhétorique.

Plus que tout autre drapeau national (et au point certainement d’en être devenu le prototype historique)  le drapeau français porte en lui la tension de significations multiples et contradictoires :

 drapeau-programme, représentation de la première révolution politique à prétention universelle (les couleurs deviennent slogan, renvoyant à la devise émancipatrice Liberté-Egalité-Fraternité),

 drapeau-identité,  ré-appropriation collective et démocratique de l’antique héraldique  (le blanc des Bourbons et les armoiries de la ville de Paris) au profit de la première nation au sens moderne du terme, avec toute les implications politiques, identitaires et émotives que cet événement implique.

L’absence de pensée et de débat politiques contemporains qui permettraient de réactualiser son programme émancipateur, réduit le drapeau à sa dimension identitaire aujourd’hui kidnappée par l’extrême droite, ou à un logo sans message véhiculé par le sport et la publicité.

Par un traitement artistique audacieux où la saturation visuelle permet d’écraser tout présupposé, l’installation de RBW tente de réactiver librement ce débat.

Catégorie
Installations, Solo show